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mercredi, 07 février 2007

le silence du Canon

 

En 1978, au grand ennui de plus d'un liturgiste, j'ai déclaré qu'il n'y avait rien d'obligatoire à  ce que le Canon soit toujours récité en entier à haute voix. Après mûres réflexions, je maintiens ce point de vue et reprends cette thèse, dans l'espoir que, vingt ans après, elle sera peut-être mieux comprise. Entre-temps les liturgistes allemands, dans leur préoccupation à réformer le Missel romain, ont admis explicitement que le Canon, le point culminant de la Messe, était en crise. La réforme liturgique a tenté dans un premier temps d'y remédier en inventant constamment de nouvelles prières eucharistiques – avec pour seul résultat de s'enfoncer toujours plus avant dans la banalité. La multiplication des mots n'ajoute rien, c’est d'ailleurs devenu par trop évident. Les liturgistes proposent maintenant  toutes sortes d'interventions, avec sans doute des éléments dignes d'être pris en considération. Mais, pour autant que j’en puisse juger, ils sont toujours réfractaires à la possibilité que le silence  lui aussi, que précisément le silence, puisse souder la communauté devant Dieu. Ce n'est certes pas un hasard si très tôt déjà, à Jérusalem, certaines parties du Canon étaient priées en silence, et qu'en Occident la récitation silencieuse du Canon, en partie couverte par le chant méditatif, est devenue la norme. C'est se rendre la tâche par trop facile que de balayer tout cela comme résultat de malentendus. I1 n'est pas vrai qu'il faille réciter à haute voix l’intégralité de la prière eucharistique pour obtenir la participation de tous à cet acte central de la Messe.

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