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jeudi, 15 mai 2008
la Justice
LA VERTU DE JUSTICE,
Dimanche – début de matinée
Qu’est-ce que la vertu de justice ? Si la naissance nous permet d’accéder à la vie, c’est le baptême qui nous donne la grâce, et avec la grâce nous sont données les vertus. La vertu de justice est une des vertus morales ou cardinales (cardinale car il y en a quatre, à savoir : justice, force, tempérance et prudence).
Ces vertus sont au centre de notre vie car elles dirigent l’agir humain, elles nous aident à bien agir et à éviter deux excès possibles, la lâcheté ou la témérité.
La vertu de justice n’a pas d’autre but que de nous amener à la sainteté, c'est-à-dire à la vertu générale ou surnaturelle, celle qui nous fait entrer au ciel. C’est ainsi que l’on dit de Saint Joseph qu’il était un homme juste, c'est-à-dire un saint. L’homme juste, souvent évoqué dans la bible, se distingue par la droiture habituelle de ses pensées et la rectitude de sa conduite envers le prochain. "Tu n’auras ni faveur pour le petit, ni complaisance pour le grand ; c’est avec justice que tu jugeras ton prochain" (Lv 19, 15).
La vertu de justice consiste à rendre à chacun ce qui lui est dû. « C’est la volonté constante et perpétuelle de donner à chacun ce qui lui appartient » nous dit Saint Thomas d'Aquin. La justice ne relève pas de la raison car nous ne sommes pas justes du fait que nous connaissons avec exactitude, mais du fait que nous accomplissons quelque chose avec droiture. Ainsi la justice se tient dans la volonté, c’est un acte de la volonté.
La vertu de justice appliquée au spirituel, à Dieu, nous donne accès au ciel, la vertu de justice appliquée au temporel, à la société nous procure la paix. C’est une vertu sociale dans le sens où elle nous aide à faire respecter les droits de chacun. La vertu de justice règle les rapports d'un individu avec un autre ou des membres de la société avec l'ensemble de cette société. La vertu de justice a la prééminence parmi les vertus morales, par elle, les hommes sont appelés bons : le bien commun de la société l'emporte sur le bien particulier de l'individu.
Aujourd’hui très peu de personnes développent la vertu de justice, c’est la principale cause de l’injustice qui règne dans nos sociétés qui ont rejetés Dieu et qui s’organisent sans Lui.
C’est bien la justice qui règle les relations de l'homme avec Dieu malgré le manque d'égalité entre les parties. C’est aussi la justice qui rend la société possible et qui procure le bien de cette société. « La justice règle tous nos rapports avec les autres êtres. Elle s'empare de nos sentiments intérieurs et dans le secret de nos pensées et de nos désirs, de nos espérances et de nos affections, elle nous contraint à respecter rigoureusement le droit de nos frères ; elle nous interdit même par une volonté de ravir ce qui ne nous appartient pas ; elle met un frein à notre langue et l'empêche de dépouiller qui que ce soit de son bien, de son honneur, de sa liberté résume le RP Janvier dans les conférences de Carême en 1906.
Développer la vertu de justice nous permet de défendre l’honneur de Dieu, elle nous rend sensible à tout ce qui porte atteinte à aux trois personnes de la Trinité. Ainsi, dans le respect de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle, nous allons, avec la vertu de justice, défendre l’honneur de Dieu créateur, maître de la vie. Nous ne sommes pas à nous même les maîtres de la vie. La vie est un don de Dieu et ce n’est pas à nous à décider d’y mettre fin. Le pape dans Evangelium Vitae dit très clairement « avec l'autorité conférée par le Christ à Pierre et à ses Successeurs, en communion avec tous les évêques de l'Église catholique, je confirme que tuer directement et volontairement un être humain innocent est toujours gravement immoral ».
Le philosophe Marcel de Corte nous rappelle aussi fort justement que « contre l’égalitarisme qui sévit dans la politique moderne, il importe d’affirmer avec la plus grande énergie qu’il n’y a pas de société sans l’existence d’heureuses et fécondes inégalités entre ses membres ». C’est vérifiable tous les jours, en particulier dans l’éducation. Prenons l’exemple de l’enfant pour qui la justice est un sentiment naturel : il faut que tous aient exactement la même chose. Qui n'a pas vu un enfant mesurer la part de gâteau pour vérifier si son voisin n'en avait pas plus que lui ! Ce sentiment de justice est intransigeant et total. Va se poser la question de la sanction, comment punir avec justice ? La correction est une action juste pour le bien de l'enfant. Mais avec l'âge vient la notion de réparation et, par là, de justice : il faut apprendre à rendre l'objet volé et à avouer la vérité face au mensonge. L'enfant doit comprendre également le pourquoi de la faute, en voir les conséquences, puis les assumer.
Saint Joseph est un merveilleux exemple de justice. Sa grandeur réside dans sa parfaite correspondance à Dieu. Il a été en cela un homme selon le coeur de Dieu. Dieu en a fait le dépositaire non seulement de Marie, de sa pureté et de son immaculée conception, mais encore de son Fils unique : au regard des hommes Jésus n’est-il pas le fils de Joseph ? Enfin Joseph garde le secret du Père, l’Incarnation, pendant toute la vie caché de Nazareth. La justice de Joseph est dans sa pureté exemplaire, sa fidélité totale et son immense humilité. Il faut comme Joseph être des hommes de justice, c'est-à-dire ne rien préférer à la recherche de Dieu, savoir se détacher du désir de paraître pour trouver Dieu, mépriser le bruit, l’éclat du monde et l’agitation pour vivre de Dieu, pour jouir de Dieu.
Ayons un coeur droit et juste, développons la vertu de justice en laissant Dieu conduire nos vies, cherchons le avec ardeur et pas comme une tortue ou un mollusque, prenons des voies courtes et droites, ne nous partageons pas et soyons tout à Dieu, sans détour, comme Joseph.
23:09 Publié dans Méditations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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